HYDROLOGIE

Le réseau hydrographique

De l’entrée de la Loire dans le département de la Haute Loire jusqu’à Brives-Charensac (de l’amont vers l’aval), ce réseau comprend:

Rive gauche: Le Nadalès; La Langougnole; La Méjeanne; Le ruisseau des Fouragettes; Le ruisseau des Ceyssoux; La Beaume 
Rive droite: L’Orcival; L’Holme; La Gazeille; La Laussonne; La Gagne

L’essentiel du bassin versant se situe en rive droite, ce qui explique l’importance de la 
Gazeille, la Laussonne et la Gagne qui sont les plus gros affluents du secteur.

Le régime de la Loire, le complexe de Montpezat

Comme cela a été dit dans le chapitre sur le climat; le régime de la Loire dans la Haute Vallée de la Loire est un régime à caractère méditerranéen présentant une influence océanique nette.
Il en résulte des hautes eaux hivernales et printanières, des étiages sévères et parfois des crues automnales importantes.
En tête de bassin dans le département de l’Ardèche, l’aménagement hydroélectrique EDF de Montpezat dérive une partie des eaux de la Loire supérieure, et de ses affluents, en direction du bassin du Rhône, ceci en utilisant le fort dénivelé qui sépare les plateaux de la Haute Vallée de la Loire et la « plaine » ardéchoise, soit 635 mètres de chute.
Cet aménagement est composé de quatre prises d’eau qui sont situées, pour trois d’entre elles, au niveau des barrages de La Palisse sur la Loire, de Moulin de Peyron sur le Gage et de La Grange sur la Veyradeyre, la 4ème prise étant située sous le lac d’Issarlès.
La loi sur la Pêche de 1984 fixe pour tous les aménagements hydroélectriques déjà en service (Montpezat a été mis en service en 1954) le débit réservé minimum à laisser en rivière à l’aval d’une prise d’eau au 1/40è du module interannuel. Le module interannuel est la moyenne des débits annuels sur au moins cinq années. Dans le cas de la Loire au niveau de sa tête de bassin, le module interannuel est de 8,2m3/s. EDF exploitant du complexe de Montpezat en dérive donc, compte tenu de l’autorisation en cours et de la date de création de l’ouvrage, les 39/40, soit 8 m3/s.
Il reste donc dans la Loire environ 200 litres/s au lieu des 8200 litres/s qui devraient s’y trouver.

La superficie du bassin versant dérivé est de 202 km². Au Serre de la Fare en amont du Puy, la superficie du bassin versant géographique est de 647 km², le tiers donc de sa superficie voit ses eaux détournées sur l’Ardèche.
L’influence de la dérivation des eaux de la Loire supérieure est naturellement forte au niveau des prises d’eau puisque plus de 95% du débit est prélevé. Au niveau du Serre de la Fare , environ 40 km à l’aval, le prélèvement moyen dû à Montpezat représente de l’ordre de 40% des débits totaux naturels reconstitués (apports qui auraient lieu en l’absence de Montpezat).

Pourtant la loi Pêche de 1984 définit aussi la notion de débit minimal, notion reprise dans l’article L232-5 du code rural. Ce débit minimal doit correspondre à une obligation de résultat, à savoir « garantir en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces qui peuplent les eaux au moment de l’installation de l’ouvrage ». Une valeur plancher obligatoire de ce débit minimal est fixée, elle est du 1/10 du module interannuel.
Dans le cas du complexe de Montpezat, ce débit minimal devrait être de l’ordre de 800 litres/s. Les associations de pêcheurs ainsi que les associations de protection de la nature souhaiteraient obtenir une augmentation du débit réservé de Montpezat qui permette d’atteindre au moins ce débit minimal de 800 litres/s pour permettre à la Loire de retrouver un peu de son eau notamment en automne et au printemps, périodes où les retenues sont remplies. Montpezat maintient en effet des eaux basses dans les périodes où la Loire a besoin de nettoyer ses fonds, de recharger ses nappes alluviales, comme elle devrait le faire si elle fonctionnait normalement.

« L’EAU FAIT PARTIE DU PATRIMOINE COMMUN DE LA NATION » loi sur l’Eau du 03 Janvier 1992, article

Le fonctionnement de la rivière

Rivières et fleuves ont longtemps été considérés seulement comme de grandes masses d’eau qui coulent vers la mer et comme des ressources autour desquelles s’organisent de multiples usages récapitulés sur la figure suivante.

La prise en compte du fonctionnement naturel des cours d’eau est en revanche plus récente. Fleuves et rivières ne se laissent pas impunément perturber par les activités humaines. Il faut, pour assurer une certaine pérennité à ces dernières, respecter les équilibres et les dynamiques du cours d’eau, grand ou petit.

Et une rivière qui fonctionne bien est une rivière au sein de laquelle s’exercent de véritables solidarités, échanges intenses entre les différentes parties de la rivière. La solidarité amont-aval, soit en d’autres termes la dépendance de l’aval vis-à-vis de l’amont, s’observe dans plusieurs domaines.

Ainsi c’est en amont que se jouent les débits de la ressource en aval, car le bassin versant est un régulateur de débit.Couvert de végétation, boisé, parsemé de zones humides, sillonné par les petits ruisselets, le bassin versant va retenir les eaux des pluies.Au contraire en période de sécheresse, il restituera l’eau à la rivière
Le transfert de matériaux (graviers, galets, sédiments) de l’amont vers l’aval, par le jeu de l’érosion du lit du cours d’eau ainsi que de ses berges, modifie la physionomie du cours d’eau, apporte à l’aval des matières nutritives, façonne des habitats dont dépendent de nombreuses espèces animales et végétales.

En ce qui concerne les poissons, l’amont de la rivière sert de zone d’engraissement pour les jeunes de nombreuses espèces qui vont ensuite migrer vers l’aval lors de la dévalaison.
La solidarité aval-amont peut paraître moins évidente mais les mécanismes d’érosion régressive prélèvent en amont des matériaux pour combler les déficits à l’aval. Déficits essentiellement liés aux extractions de granulats. La fosse créée provoque une érosion régressive attaquant son pan amont. Le phénomène peut se poursuivre sur quelques centaines de mètres, jusqu’à ce que les matériaux soustraits à l’amont viennent combler la fosse.
Et les poissons migrateurs comme le saumon, l’alose ou la lamproie viennent se reproduire à l’amont tandis que les anguilles viennent y achever leur croissance.

Enfin, il existe aussi une solidarité latérale et verticale, au travers des échanges qui ont lieu entre la rivière et la nappe alluviale qui coule en dessous de la rivière et sur ses côtés. En période de crue la nappe absorbe une partie de l’eau, à l’opposé en saison sèche, la nappe restitue de l’eau à la rivière. La nappe alluviale participe ainsi à la régulation des débits. De plus, elle favorise l’épuration de l’eau par des mécanismes physiques (percolation, filtration), chimiques et biologiques (présence dans les interstices entre sables et graviers d’une microfaune et de bactéries se nourrissant des débris organiques).

Mais les interventions humaines altèrent le bon fonctionnement des solidarités qui existent entre les différents compartiments de la rivière. Les barrages interrompent la continuité entre l’amont et l’aval. Les enrochements, les endiguements s’opposent aux échanges latéraux entre l’axe fluvial et les milieux annexes (bras secondaires, bras morts, forêt alluviale, marais, anciens méandres…). L’extraction de granulats, le colmatage des fonds altèrent les relations entre la nappe et le fond de la rivière. A l’heure actuelle où l’on parle de gestion intégrée de l’eau en accord avec la loi de 1992 qui exige le respect des écosystèmes, il faut bien avoir à l’esprit l’importance d’un bon fonctionnement de la rivière comme point de départ d’une bonne gestion. Car la rivière gère la quantité (rôles respectifs du bassin versant et de la nappe alluviale comme régulateurs de débit) et la rivière gère aussi la qualité de l’eau (autoépuration).
D’un autre côté, rivières et fleuves sont souvent considérés comme une menace à cause de leurs crues.
Mais les crues sont l’expression de la vie du fleuve. Un fleuve est un organisme vivant parce qu’il respire et sa respiration, c’est un cycle régulier de hautes eaux et de basses eaux avec parfois des bouffées plus amples que sont les crues et les étiages. Les crues, c’est naturel et c’est indispensable pour la vie du fleuve. Ce sont les crues qui permettent au fleuve de déplacer son lit, de curer les fonds, de recouper ses méandres, de créer des îles, des plages, des bras secondaires et d’enrichir ainsi la plaine alluviale de toute une série de milieux complémentaires qui jouent un rôle dans l’équilibre du système. Les bras secondaires et les bras abandonnés sont des lieux de reproduction, de nurseries pour les poissons. Ce sont aussi des lieux de refuge lors des crues ou des pollutions du chenal principal. Grâce à la crue, l’eau s’étale dans la plaine alluviale, ralentit sa course vers l’aval, engraisse les prairies, s’infiltre en partie et recharge ainsi les nappes souterraines qui, à leur tour, en été restitueront l’eau au lit du fleuve.
Il faut changer notre perception négative et utilitariste du fleuve et de la rivière en une perception positive.
Un fleuve est un gigantesque organisme vivant. On peut le comparer à un arbre, mais il fonctionne à l’inverse de l’arbre. Dans l’arbre, c’est le tronc qui alimente les branches jusqu’à la moindre ramification. Le fleuve, au contraire, est alimenté par ses affluents de son bassin versant et dépend de leurs moindres ramifications.
Un fleuve, c’est tout un équilibre, un système au fonctionnement extrêmement complexe, mais qui s’entretient et se régénère de lui même si le fleuve reste libre.

La qualité de l’eau de la Loire

L’eau est une ressource locale. La qualité des eaux dépend ainsi du contexte géologique qui va lui conférer ses caractéristiques naturelles mais aussi du contexte économique (région agricole, urbaine, industrielle) qui fait que l’eau est exposée à plusieurs types de pollutions.
La Haute Vallée de la Loire constitue la tête de bassin de nombreux cours d’eau (Loire et affluents) d’importance variable.
Elle est peu urbanisée dans l’ensemble. La population de l’ordre de 13 000 résidents y est inégalement répartie. Un secteur péri-urbain (Arsac en Velay, Brives Charensac, Cussac sur Loire et Solignac sur Loire) sous influence du Puy en Velay connaît une croissance importante.
Les bourgs centre (Costaros, Le Monastier sur Gazeille et Laussonne), et le secteur rural ont vu eux une baisse de leur population. depuis les années 1970. L’activité prédominante est l’agriculture qui se pratique de manière peu intensive par rapport à d’autres régions agricoles.
Cette situation confère la possibilité d’avoir une bonne qualité de l’eau (1A sinon 1B dans la majorité des cas). Et la Loire, d’une manière générale, présente une bonne qualité de ses eaux jusqu’à l’agglomération du Puy-en-Velay.

Au cours de vos randonnées, vous pourrez donc goûter aux joies de la baignade (prudence quand même, attention aux trous d’eau et courants). Cependant la vigilance s’impose, les rejets des bourgs et villages ainsi que certaines pratiques agricoles ont un impact négatif qui se fait sentir de manière ponctuelle. Plusieurs classes de qualité ont été définies à partir de différents paramètres physico-chimiques et biologiques.

« HOMME, N’OUBLIE JAMAIS QU’UN FLEUVE EST UNE VIE » Bernard Clavel

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site web de Observatoire départemental de l’Eau en Haute-Loire

Sources/Bibliographie :

– Amoros C, Petts G.E. 1993. Hydrosystèmes fluviaux. Ed Masson.

– Coulet Monique. 1991 . Donner la parole à la rivière. Pour une gestion écologique intégrée. Annales des Mines, p35-38.

– Coulet Monique. 1991. Fleuves, sources de vie. Plaquette du Ministère de l’Environnement

– Coulet Monique. 1992(?). Votre Capital Rivière. Plaquette du Ministère de l’Environnement.

– Coulet Monique. 1992. Les crues sont essentielles à la vie du fleuve. Richesses de la Haute Vallée de la Loire, 14 sentiers de petite randonnée. SOS Loire Vivante (épuisé)

– Coulet M, Venard B, Monnet Ph. 1997. Impact des aménagements hydroélectriques sur l’écosystème Rhône. Ed FRAPNA.

– Nature Haute Loire. 1996. Haute Vallée de la Loire. Protection et gestion des milieux naturels . Propositions d’actions. Ministère de l’Environnement, DIREN Auvergne , DATAR et Nature Haute Loire.

– Kotvas Olivier. 1995. De l’impact du complexe hydroélectrique de Montpezat aux potentialités du tourisme pêche dans la Haute Vallée de la Loire, rapport de stage pour la formation de conseiller technique en aménagement des systèmes aquatiques. Maison Nationale de l’Eau et de la Pêche du Doubs.

Pour aller plus loin…

Des informations sur :

Le climat

La géomorphologie et la géologie

Les unités écologiques

La biodiversité et Natura 2000

Les Hommes et l’Histoire de la Haute Vallée

 


Exposition :

Composée de 10 panneaux, cette exposition présente toutes les richesses de la Haute Vallée de la Loire. Possibilité de l’emprunter.

Découvrez l’exposition


Randonnées « buissonnières » :

Nous vous proposons ici 10 sentiers sauvages pour découvrir la Haute Vallée de la Loire.

Partez en randonnée !

Ce site web est une initiative de l’association SOS Loire Vivante – ERN

8 rue Crozatier - 43000 Le Puy-en-Velay
04.71.05.57.88 | sosloirevivante@rivernet.org
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