La
superficie du bassin versant dérivée est de 202km².
Au Serre de la Fare en amont du Puy, la superficie du bassin
versant géographique est de 647 km², le tiers donc de
sa superficie voit ses eaux détournées sur l'Ardèche.
L'influence
de la dérivation des eaux de la Loire supérieure
est naturellement forte au niveau des prises d'eau puisque plus
de 95% du débit est prélevé. Au niveau
du Serre de la Fare , environ 40 km à l'aval, le prélèvement
moyen dû à Montpezat représente de l'ordre
de 40% des débits totaux naturels reconstitués
(apports qui auraient lieu en l'absence de Montpezat).
Pourtant
la loi Pêche de 1984 définit aussi la notion de
débit minimal, notion reprise dans l'article L232-5 du
code rural. Ce débit minimal doit correspondre à
une obligation de résultat, à savoir "garantir
en permanence la vie, la circulation et la reproduction des
espèces qui peuplent les eaux au moment de l'installation
de l'ouvrage". Une valeur plancher obligatoire de ce débit
minimal est fixée, elle est du 1/10 du module interannuel.
Dans
le cas du complexe de Montpezat, ce débit minimal devrait
être de l'ordre de 800 litres/s. Les associations de pêcheurs
ainsi que les associations de protection de la nature souhaiteraient
obtenir une augmentation du débit réservé
de Montpezat qui permette d'atteindre au moins ce débit
minimal de 800 litres/s pour permettre à la Loire de
retrouver un peu de son eau notamment en automne et au printemps,
périodes où les retenues sont remplies. Montpezat
maintient en effet des eaux basses dans les périodes
où la Loire a besoin de nettoyer ses fonds, de recharger
ses nappes alluviales, comme elle devrait le faire si elle fonctionnait
normalement.
"L'EAU
FAIT PARTIE DU PATRIMOINE COMMUN DE LA NATION"
loi
sur l'Eau du 03 Janvier 1992, article
Le
fonctionnement de la rivière.
Rivières
et fleuves ont longtemps été considérés
seulement comme de grandes masses d'eau qui coulent vers la
mer et comme des ressources autour desquelles s'organisent de
multiples usages récapitulés sur la figure suivante.
Ainsi
c'est en amont que se jouent les débits de la ressource
en aval, car le bassin versant est un régulateur de débit.Couvert
de végétation, boisé, parsemé de
zones humides, sillonné par les petits ruisselets, le
bassin versant va retenir les eaux des pluies.Au contraire en
période de sécheresse, il restituera l'eau à
la rivière
Le
transfert de matériaux (graviers, galets, sédiments)
de l'amont vers l'aval, par le jeu de l'érosion du lit
du cours d'eau ainsi que de ses berges, modifie la physionomie
du cours d'eau, apporte à l'aval des matières
nutritives, façonne des habitats dont dépendent
de nombreuses espèces animales et végétales.
En ce qui concerne les poissons, l'amont de la rivière
sert de zone d'engraissement pour les jeunes de nombreuses espèces
qui vont ensuite migrer vers l'aval lors de la dévalaison.
La
solidarité aval-amont peut paraître moins évidente
mais les mécanismes d'érosion régressive
prélèvent en amont des matériaux pour combler
les déficits à l'aval. Déficits essentiellement
liés aux extractions de granulats. La fosse créée
provoque une érosion régressive attaquant son
pan amont. Le phénomène peut se poursuivre sur
quelques centaines de mètres, jusqu’à ce que les
matériaux soustraits à l’amont viennent combler
la fosse.
Et
les poissons migrateurs comme le saumon, l'alose ou la lamproie
viennent se reproduire à l'amont tandis que les anguilles
viennent y achever leur croissance.
Enfin
il existe aussi une solidarité latérale et verticale,
au travers des échanges qui ont lieu entre la rivière
et la nappe alluviale qui coule en dessous de la rivière
et sur ses côtés. En période de crue la
nappe absorbe une partie de l'eau, à l'opposé
en saison sèche, la nappe restitue de l'eau à
la rivière. La nappe alluviale participe ainsi à
la régulation des débits. De plus elle favorise
l'épuration de l'eau par des mécanismes physiques
(percolation, filtration), chimiques et biologiques (présence
dans les interstices entre sables et graviers d'une microfaune
et de bactéries se nourrissant des débris organiques).
Mais
les interventions humaines altèrent le bon fonctionnement
des solidarités qui existent entre les différents
compartiments de la rivière. Les barrages interrompent
la continuité entre l'amont et l'aval. Les enrochements,
les endiguements s'opposent aux échanges latéraux
entre l'axe fluvial et les milieux annexes (bras secondaires,
bras morts, forêt alluviale, marais, anciens méandres…).
L'extraction de granulats, le colmatage des fonds altèrent
les relations entre la nappe et le fond de la rivière.
A
l'heure actuelle où l'on parle de gestion intégrée
de l'eau en accord avec la loi de 1992 qui exige le respect
des écosystèmes, il faut bien avoir à l'esprit
l'importance d'un bon fonctionnement de la rivière comme
point de départ d'une bonne gestion. Car la rivière
gère la quantité (rôles respectifs du bassin
versant et de la nappe alluviale comme régulateurs de
débit) et la rivière gère aussi la qualité
de l'eau (autoépuration).
D'un
autre côté rivières et fleuves sont souvent
considérés comme une menace à cause de
leurs crues.
Mais
les crues sont l'expression de la vie du fleuve Un fleuve est
un organisme vivant parce qu'il respire et sa respiration, c'est
un cycle régulier de hautes eaux et de basses eaux avec
parfois des bouffées plus amples que sont les crues et
les étiages. Les crues, c'est naturel et c'est indispensable
pour la vie du fleuve. Ce sont les crues qui permettent au fleuve
de déplacer son lit, de curer les fonds, de recouper
ses méandres, de créer des îles, des plages,
des bras secondaires et d'enrichir ainsi la plaine alluviale
de toute une série de milieux complémentaires
qui jouent un rôle dans l'équilibre du système.
Les bras secondaires et les bras abandonnés sont des
lieux de reproduction, de nurseries pour les poissons. Ce sont
aussi des lieux de refuge lors des crues ou des pollutions du
chenal principal. Grâce à la crue, l'eau s'étale
dans la plaine alluviale, ralentit sa course vers l'aval, engraisse
les prairies, s'infiltre en partie et recharge ainsi les nappes
souterraines qui, à leur tour, en été restitueront
l'eau au lit du fleuve.
Il
faut changer notre perception négative et utilitariste
du fleuve et de la rivière en une perception positive.
Un
fleuve est un gigantesque organisme vivant. On peut le comparer
à un arbre, mais il fonctionne à l'inverse de
l'arbre. Dans l'arbre, c'est le tronc qui alimente les branches
jusqu'à la moindre ramification. Le fleuve, au contraire,
est alimenté par ses affluents de son bassin versant
et dépend de leurs moindres ramifications.
Un
fleuve, c'est tout un équilibre, un système au
fonctionnement extrêmement complexe, mais qui s'entretient
et se régénère de lui même si le
fleuve reste libre.
La
qualité de l'eau de la Loire
L'eau
est une ressource locale. La qualité des eaux dépend
ainsi du contexte géologique qui va lui conférer
ses caractéristiques naturelles mais aussi du contexte
économique (région agricole, urbaine, industrielle)
qui fait que l'eau est exposée à plusieurs types
de pollutions.
La
Haute Vallée de la Loire constitue la tête de bassin
de nombreux cours d'eau (Loire et affluents) d'importance variable.
Elle
est peu urbanisée dans l'ensemble .La population de l'ordre
de 13 000 résidents y est inégalement répartie.
Un secteur péri-urbain (Arsac en Velay, Brives Charensac,
Cussac sur Loire et Solignac sur Loire) sous influence du Puy
en Velay connaît une croissance importante.
Les
bourgs centre (Costaros, Le Monastier sur Gazeille et Laussonne),
et le secteur rural ont vu eux une baisse de leur population.
depuis les années 1970. L'activité prédominante
est l'agriculture qui se pratique de manière peu intensive
par rapport à d'autres régions agricoles.
Cette
situation confère la possibilité d'avoir une bonne
qualité de l'eau (1A sinon 1B dans la majorité
des cas). Et la Loire, d'une manière générale,
présente une bonne qualité de ses eaux jusqu'à
l'agglomération du Puy-en-Velay.