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La
Haute Vallée de la Loire et les Hommes
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geogr., hydrologiqus etc.
( bientôt)
Bibliographie
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LA
HAUTE VALLEE DE LA LOIRE ET LES HOMMES
CINQUANTE MILLENAIRES DE PRESENCE HUMAINE
Les hommes vivent depuis 50 000 ans dans la Haute Vallée
de la Loire. Cette longue aventure humaine prend ici des
caractères particulièrement intéressants
parce qu'elle s'est déroulée dans un milieu
bien individualisé, à la fois creuset et couloir,
limité éographiquement et cependant diversifié
(altitudes, expositions, reliefs…), bref un microcosme où
le trait d'union -le fleuve- a rendu possible les développements
des civilisations préhistoriques. Cette page d'histoire
est à lire dans sa globalité; il s'agit d'un
tout, d'un seul site parcouru, fréquenté,
colonisé par l'homme dans ses moindres recoins. Il
serait contraire à la compréhension de cette
histoire de séparer l'abri où habitait la
tribu, des lieux où reposaient ses morts, des roches
qu'elle utilisait pour faire ses outils, de ses terrains
de chasse et ses torrents de pêche, des plateaux défrichés,
des basses terrasses cultivées (les Chambons), des
passages, des chemins…L'homme, et surtout l'homme des millénaires
passés, est indissociable de son environnement.
L’homme se construit par des échanges quotidiens
avec son environnement Le dernier million d'années
confère son aspect actuel au berceau naturel de la
haute vallée. Le contraste entre le socle granitique
usé, où le fleuve a creusé son lit
et les fraîches lignes géométriques
- horizontales au sommet des coulées et verticales
des abrupts- des basaltes récents forme ces paysages
imposants que l'on découvre, entre autre, depuis
Onzillon, en regardant la vallée. Chaque méandre
est bordé d'une terrasse alluviale, édifiée
par de grands remblaiements aux périodes humides
et propice aux cultures et aux végétations
rapides.
Les premiers habitants
Alors
qu'en Haute Loire, la présence humaine est attestée
à des périodes très anciennes (Blanzac
- 800 000 ans, Polignac - 100 000 ans), on ne connaît
pas de très, très vieux ancêtres chez
nous avant, disons -50 000 ans. Les premiers hommes recensés
sont des Néandertaliens. Ils fréquentent les
gorges de la Beaume et sont chasseurs d'animaux grégaires
tels chevaux, cerfs, bisons, bouquetins plus souvent que
mammouths, ours et loups. Sous l'abri où ils ont
élu domicile pour la bonne saison, ils utilisent
de gros outils contondants pour fracturer les os et récupérer
la moelle (JP Raynal). Ils
façonnent surtout des pointes en silex et des racloirs.
On les appelle les Moustériens. Ils vont et viennent
en haute vallée de la Loire jusque vers -35 000 ans.
La
civilisation Magdalénienne, dont on dit qu'elle connaît
l'apogée de la chasse, est bien représentée
dans quelques abris, à la Beaume-Loire surtout. (Note:
les préhistoriens dénomment l'ensemble des
gisements archéologiques qui surplombent le ravin
de la Beaume, Beaume-Vallée et ceux qui bordent la
Loire, Beaume-Loire, tous sur la très ancienne terre
de Solignac).
Les
Magdaléniens, de -15 à -10 000 ans, vivent
sous un climat froid, steppique, caractérisé
par des hivers longs et des étés assez chauds
mais sans saisons transitoires.
On
a retrouvé dans les restes d'animaux chassés
et consommés dans les abris, du renne, du chamois
et un oiseau, actuellement polaire ou d'altitude, le lagopède.
Ils
échangent avec des tribus d'ailleurs et importent
un beau matériau, le silex blond clair dont ils tirent
des milliers d'outils très spécialisés.
Comme
ils ont senti qu'au pied de la paroi, sous l'abri, il faisait
7°c en moyenne de plus que sur le plateau dix mètres
au dessus, ils séjournent plus longtemps qu'une saison…
Ils complètent l'abri par un muret de blocs sans doute
surmonté jusqu'à la voûte par des branchages.
Ils adorent le rouge, l'ocre rouge qu'ils récoltent
sous les basaltes.La vallée voit passer les siècles
et les hommes… Ces hommes qui adaptent leurs outils de chasseurs:
pointes, grattoirs, couteaux … à un nouveau climat
plus clément, au couvert végétal plus
forestier. Ils font une abondante consommation de baies, glands
et surtout noisettes.
Vers
-8000 -7000 ans, plus chasseurs par grands froids (Paléo)
mais pas encore agriculteurs (Néo), ils sont Mésolithiques.
Leurs silex sont minuscules et très bien façonnés
en trapèzes, triangles, pour tirer à l'arc les
lapins et les oiseaux. Ils n'habitent pas les grottes trop
humides mais les abris peu profonds. Ils parcourent la vallée
dans tous les sens en y exploitant la variété
d'un milieu qui associe en quelques heures de marche les plateaux
élevés et les bas-fonds protégés.
Ils
restent à la Beaume Loire mais leurs semblables, leurs
frères, sont à quelques pas de là, à
Coubon, Arlempdes, Freycenet Lacuche.
L'élevage
et l'agriculture
C'est
tout naturellement que, par un climat qui évolue favorablement
vers le chaud humide, ils commencent à se livrer à
des activités plus sédentaires.Pour survivre
il est moins nécessaire de poursuivre les troupeaux
sur de longues distances. Il suffit de guetter un gibier plus
varié, de domestiquer quelques plantes, de pratiquer
des formes embryonnaires de paléo-élevage. Et
surtout de s'ouvrir aux réformes venues du Sud! Arrivent
des idées - ou déjà des formes- de techniques
artisanales, de tout un monde qui va transformer la vie des
hommes
Entre -6000 et -4000 an, la vallée est entièrement
habitée.
Les agriculteurs néolithiques, les Chasséens,
occupent tous les rebords de plateaux, tous les abris, même
les plus escarpés: les Ribeyroux par exemple. Il y
a un bel habitat avec foyer, poteries, outils et faune variée
(dont un saumon de belle taille) à Beaume-Loire. Le
moindre labour, la moindre plate-forme révèlent
leur lot de tessons et de silex aractéristiques (superbes
pointes de flèche). Il n'y a aucune exagération
à penser que le paysage agricole des gorges et de leurs
abords se met en place dès ce moment là. On
connaît plusieurs cimetières et les premiers
vieux villages.Le Goudet d'il y a 5500 ans s'étendait
sur 120 mètres en bord de Loire. Mais la construction
du camping a brutalement fait stopper les fouilles et détruit
les vestiges. Toutes les terrasses étaient occupées.
Les populations de l’Age des Métaux, il y a 3000 ans,
ont laissé des poteries, des parures, mais peu de métal
(une flèche en bronze à Arlempdes).
Les
groupes humains se hiérarchisent. Des influences extérieures
se font sentir dans la façon de décorer la céramique…L'économie
gallo-romaine, qui avait les besoins et les moyens de grands
espaces, a dédaigné les gorges. Mais fontaines
et sources attiraient du monde. Ainsi, à Bonnefont
fut trouvée une monnaie d'or de Tibère. Le Haut
Moyen Age, qui donne quelquefois l'image de groupes sociaux
pauvres et isolés, fréquente de nouveau abondamment
les multiples et discrets habitats des gorges . En témoignent
modestement poteries et agrafe en bronze à Colempce,
et plus tard, au XIIème siècle, des deniers
de Raymond V de Toulouse dans un abri sous le Brignon.Si l'on
tissait tous les terroirs où se conservent les traces
humaines dans cette belle vallée, cela ferait des mailles
et des mailles, serrées… Un dernier calcul: 50 000
ans, cela évoque un millier et demi de générations…présentes
sur la Haute Vallée de la Loire.
Pour
voir et en savoir un peu plus , tous les objets archéologiques
issus d'une dizaine de lieux de la vallée sont exposés
dans la salle de préhistoire du Musée Municipal
du Monastier sur Gazeille.
PAYSAGE MEDIEVAL
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Axe
de circulation des hommes et des marchandises, la Haute
Vallée de la Loire a été profondément
marquée par sa situation de carrefour. Soumise
par ailleurs aux aléas des rapports d'intérêts
entre les deux pouvoirs locaux, la baronnie de Solignac
et l'abbaye du Monastier Saint Chaffre, elle est vite
devenue un point stratégique.
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Un
habitat varié, une circulation dense
Forteresses et maisons fortes jalonnent ses deux rives: Bouzols,
Poinsac, Solignac, La Valette, La Beaume, Beaufort… Une telle
concentration de châteaux entraînait la présence
d'une population importante, implantée dans la vallée
elle même et dans les vallons adjacents (vallons des
Ceyssoux, de la Beaume…).
Les
conditions physiques du milieu ont imposé à
l’homme un mode d’exploitation particulier ; les
chambées, terrasses aux largeurs et aux surfaces
plus ou moins grandes selon le profil de la vallée.
Alors que, dans de nombreux cas, ce milieu a plutôt
facilité l’établissement des populations,
soit par la réutilisation des anciens abris sous
roche préhistoriques soit par le creusement de
grottes. On peut recenser ainsi plusieurs sites troglodytiques:
les grottes de Montagnac, celles de Bethe, celles de la
Beaume attestées vers 1352 "fortaliciorum Balmae
et crotae", les abris des Ribeyroux, la grotte de la Prade…
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Le
réseau de chemins qui les reliait selon deux axes,
l'un parallèle à la Loire, l'autre perpendiculaire,
formait un maillage serré à partir de deux ou
trois estrades
(chemins d'intérêt régional) passagères:
chemin de pèlerinage (Croix de St Jacques), draille…
Plusieurs voies traversaient la Loire soit à gué,
soit par bacs (Bonnefont), soit sur des ponts tels la "Planche
de Mélussac" (actuellement La Planche, commune de Cussac)
ou le pont de Bauzac à hauteur du hameau de la Varenne
(le hameau lui n'a existé qu'au XIXème siècle).
Ce dernier pont "construit de piles et planchiers" fut détruit
par la crue du 8 septembre 1559 et ne fut jamais reconstruit.
Rive droite, il s'appuyait sur un soubassement rocheux tandis
que, rive gauche, il était porté par des piles
de maçonnerie. Une seule demeure.

Un
village s'était développé sur l'emplacement
de l'actuelle usine électrique abandonnée
de Fatou, ainsi qu'un moulin dont il reste le bief "molendinum
de Bozac, 1464, prieuré de Solignac". Un siècle
plus tard, le souvenir du hameau s'était perdu
si l'on en croit le curé du Brignon, l'abbé
Aulanier. Se rendant du Brignon à Montfaucon, il
traverse la Loire "sur le bateau à la Beaume, de
là à Chadron". Un bac avait remplacé
le pont ruiné. Le hameau avait disparu au point
même que son nom s'était perdu.
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Ce
cas n'est pas le seul. En face de Bonnefont, sur la rive gauche,
le village de
Val Ponso, confrontant "avec l'eau de la Loire, d'autre part
avec la terre du prieuré
de Goudet et d'autres encore avec la terre de Las Rogeyres"
(actuellement Les Rosières, commune du Brignon) était
établi sur une terrasse alluviale. Il semble qu'il
ait été le centre d'un petit terroir comportant
une "motte" féodale dont l'enceinte de terre est encore
visible, plusieurs bâtiments de pierre, un village de
cabanes, un moulin dont les substructures et le bief sont
encore visibles, un vivier creusé dans le lit du ruisseau
des Ceyssoux.Les tessons de poteries trouvés en surface
montrent une parenté certaine avec les poteries mises
à jour dans des sites médiévaux attestés
(souterrain de l'Herm - commune de Cayres, grotte du Villaret
vers Arsac en Velay, village troglodytique de Rochaubert -commune
de Lantriac).Malgré le reboisement dont une partie
du site a fait l'objet, les terrasses de culture sont assez
bien conservées. D'autres, comme aux Salles du Brignon,
ont été mieux préservées du fait
de la culture qu'elles portaient et dont elles ont gardé
le nom, les Vignes. Terrasses étroites et pentues,
bien exposées, elles portaient du vignoble et des arbres
fruitiers. Les plus larges, aux formes adoucies, étaient
plutôt consacrées aux céréales.
Toutes, de nos jours, vu l'évolution de l'agriculture,ont
été abandonnées ou transformées
en prairies, voire reboisées.La culture en terrasses
est une pratique connue dès les temps gallo-romains
mais dans nos régions, elle paraît dater surtout
du Moyen-Age. Ainsi il a été relevé une
donation d'un évêque du Puy au monastère
Saint Chaffre, d'une "fascia vinea" (terrasse à vigne)
en 993. De nombreux villages de la Haute Vallée de
la Loire apparaissent dans les chartes et terriers au Xième
siècle: le Mazel en 962, les Salles de St Martin en
970…
Remarque:
les chartes sont des titres ou contrats sous l'Ancien Régime
confirmant une vente, une donation, la propriété
d'un bien. Un terrier est un recueil de titres de propriété
et description des terres et droits féodaux d'une famille,
et par extensiond'un village.
La grotte de la Prade, près de Collandre, pour laquelle
malheureusement on ne
possède aucune indication écrite, montre bien
comment une série de terrasses est en corrélation
étroite avec l'habitat, de telle sorte qu'on ne peut
séparer l'un de l'autre sans ôter toute signification
au site. Implanté dans un retrait de falaise causé
par un petit affluent temporaire, le site se compose de plusieurs
terrasses descendant jusqu'au fleuve. La grotte, dont l'entrée
est protégée par un mur en bâti est creusée
directement sous le rebord du plateau de Collandre. Elle surveille
ainsi l'ensemble des terrasses ainsi que le chemin d'accès.
Un système de petits canaux, aujourd'hui en ruine,
permettait l'irrigation des terres.
Importance de la pêche
Les
activités annexes, moulinage, artisanat, flottage,
ont eux aussi eu leur part dans la composition du paysage.
La pêche, qui fut peut-être l'activité
principale du village de Val Ponso, aujourd'hui appelé
le Vay ou Grand Pré, dut jouer un rôle économique
suffisamment important si l'on en juge par les contrats auxquels
elle donnait lieu: hommage de Béraud de Solignac à
Pons de Montlor pour la "pêcherie de tout l'eau de Loyre,
de Valle Ponso jusqu'à la Pierre Morliane" en 1329.La
Loire médiévale a vu ses rives fréquentées
de façon intensive: pêcheurs sur ses bords, agriculteurs
cultivant ses terrasses, voyageurs ont crée un paysage
en constante évolution jusqu'à la fin du Moyen-Age.Ce
paysage s'est fossilisé aux XVI-XVIIèmes siècles
avec le relatif abandon des fonds de vallées au profit
des terres des plateaux plus faciles à cultiver du
fait de nouvelles techniques. La baisse démographique
causée par les grandes épidémies et les
guerres de religion a accentué le mouvement. La disparition
du pont de Bauzac et surtout sa non-reconstruction témoignent
de cet abandon.
Un
patrimoine archéologique rare
On a ainsi la chance que le seul terroir de terrasses des
environs du Puy non encore touché par l'urbanisation
sauvage puisse être préservé et étudié
suivant les méthodes de ce que Paul Dufournet appelle
"l'archéologie du paysage".Les quelques tentatives
de réoccupation dont témoignent les villages
de Varenne ou le Mas de Bonnefont n'ont pu bouleverser le
terroir ancien.La Varenne se trouve mentionné pour
la première fois en 1821 par Déribier
de Cheissac. Il s'est implanté sur le soubassement
rocheux sur lequel s'appuyait
autrefois le pont de Bauzac. Sa courte vie, un siècle
et demi, l'agriculture traditionnelle que pratiquaient ses
habitants n'ont que peu modifié la structure des terres.
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Il
faut espérer que la Haute Vallée de la Loire,
"forme de la mémoire collective" fasse l'objet
d'une prise de conscience elle aussi collective face à
la destruction accélérée du paysage
historique
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A
LA DECOUVERTE DES PREMIERS CHATEAUX DE LA LOIRE
Comme
cela vient d'être dit, la Haute Vallée de la
Loire a été profondément marquée
par sa situation de carrefour. Site entre le Velay et le Languedoc,
elle a constitué un axe stratégique important.
En
témoignent les forteresses et maisons fortes qui jalonnent
les deux rives du haut cours de la Loire. Leur architecture,
leur histoire vous accompagneront le long de vos promenades.
Ce sont géographiquement les premiers châteaux
de la Loire.
Celui
d'Arlempdes perché sur une ancienne coulée de
lave et dominant un beau d'échanges entre le Nord et
le Sud, charnière méandre de la Loire est le
tout premier d'entre eux situé à une vingtaine
de kilomètres de la source du fleuve.
TOPONYMIE
D'après:
Dauzat et Rostaing, Dictionnaire étymologique des
noms de lieux en France, 1983 Taverdet. G, Les noms de lieux
de Haute Loire, 1985 Arsac. J, Toponymie du Velay, 1991;
-
ALLEYRAC (canton du Monastier)En 1309, mention de la Villa*
d'Aleirac. Plusieurs noms d'hommes gallo-romains peuvent être
proposés pour rendre compte d'Alleyrac: Alarius, Hilarius,
Illyrius, Alacrius. Autre hypothèse Alleyrac ne correspond
pas à un nom d'homme, mais viendrait de "ALACER" c'est
à dire agréable, ce serait alors un "site agréable".
- ARLEMPDES (canton de Pradelles)En 1215, mention d'Arlemde.
Le premier élément du nom serait la préposition
celtique ARE qui signifie à côté de (cf.
breton, Armor, à côté de la mer). Le second
élément viendrait de NEMETON ou bois sacré.
- BARGES (canton de Pradelles)En 1234, mention de Barias.
Tous les "Barge(s), Bargettes" désignent des versants
escarpés ou très pentus. Deux origines possibles:
soit le gaulois BARGA (lui même issu d'un terme préceltique
bar-ga), soit une racine préceltique et prélatine
BER-G, qui par BRIGA gaulois donne le français berge.
- LA BEAUME (canton de Solignac)Du prélatin
BALMA, qui signifie la grotte sous un escarpement, l'abri
sous roche. On le trouve en France sous diverses apparences,
avec ou sans article: Beaulme, Balme, Beaumelles, Balmettes,
etc. Arsac cite 7 toponymes "Baume" en Velay qui désignent
des abris dont l'occupation préhistorique est attestée.
- LE BRIGNON (canton de Solignac)En 1164, mention de
Ecclesia Brinionis. On peut penser à un dérivé
du celtique BRIGA ou "hauteur". Le village est en effet sur
un plateau en hauteur par rapport au ruisseau de la Beaume
et à la Loire.
- BRIVES CHARENSAC (canton du Puy)En 990, mention de
Brivas. dérivé d'un terme gaulois BRIVA qui
veut dire "pont". La ville est en effet sur les bords de la
Loire. On peut rappeler que
Brioude sur les bords de l'Allier a la même étymologie.
Arsac cite plusieurs autres Brioude vellaves: "la Brioude"
à Coubon, pont sur la Loire à Volhac, où
passait la voie de St Paulien à Aubenas par le col
du Pal; "les Brioudes", nom du terroir où débouchait
un ancien pont sur le Dolaizon, sur lequel passait la route
du Pal ou Estrade Vielhe, à Vals…Charensac, en 1089
Charanciacus, domaine gallo-romain, dérivé du
nom d'homme CARANTIUS. Les deux communes ont été
réunies en 1839
.- CHADRON (canton du Monastier)Au XI siècle,
Ecclesia Sancti Amanti de Cadron. Soit nom d'homme gaulois
dérivé de CATURUS avec le suffixe ONE. Soit
dérivé du latin QUATER, le sens de hameau serait
alors possible.-
COUBON (canton du Puy)Vers 1095, Ecclesia Sancti Georgii
de Cobone. Peut être un nom d'homme latin CUPUS avec
le suffixe ONE.
- CUSSAC (canton de Solignac)En 993, Cuciacus. De la racine
prélatine COSA, qui a donné le nom à
de très nombreux cours d'eau situés en général
en montagne comme les couzes dans le Puy de Dôme. Le
village est en effet sur les bords de la Loire qui à
cet endroit n'est encore qu'une rivière de montagne.
Certains toponymistes font remarquer que COSA (qui aboutit
en effet à Couze) peut difficilement donner cuciacum
et propose plutôt une racine prélatine CUS- qui
expliquerait mieux le maintien du U. Pourquoi pas un nom d'homme
CUCIACUM. IL existe en France de nombreux Cussac, Cuissai,
Cuissy, Cuisiat, Cuy, tous avec une forme ancienne attestée
Cuciacum.
- GOUDET (canton du Monastier)En 870, Godit. D'après
un nom d'homme de la fin de l'empire romain, GOTHUS, mot à
mot le Goth.-
LAFARRE (canton de Pradelles) En 870, mention
de Illa fara. FARA aurait signifié en germanique "famille",
puis a été maintenu en roman avec le sens de
"domaine".
- LE MAS DE BONNEFONTLe
"mas" du latin MA(N)SUS est à l'origine un terrain
donné à un paysan qui a le droit d'y construire
une maison. Par la suite , prend le sens de "ferme". Bonnefont,
du latin BONUS FONS ou bonne fontaine.
- LE MAS DU VERNETCf
ci-dessus pour le "mas" ou ferme. Du roman VERNETUM, "lieu
planté d'aulnes "puis "lieu humide", vient lui même
du celtique VERNO qui a donné en roman "verne" qui
désigne l'aulne dans tout le sud de la France.-
LE MONASTIER (canton)En 840, mention de Monasterium Sancti
Petri cui vocabulum est Calmilius. Le nom vient du latin MONASTERIUM
(le monastère a été fondé en 570).
- LE PUY EN VELAY (préfecture)En 591, mention de
Anicium. Au X siècle apparaît Podium. Puy est
un des noms les plus courants en vieux français pour
désigner la montagne, une hauteur. Velay, à
l'origine le territoire des Vellaves, nation gauloise qui
occupait la région.
- SALETTES (canton du Monastier)En 870, Sellita. Du
germanique SAL, devenu en roman SALA, puis en français
"salle." A l'origine signifie "château puis "construction"
en général. Ici un diminutif en ITTA
.- SOLIGNAC (canton)En 996, Mention de la Vicaria de
Solemniaco. D'apès un nom d'homme gallo-romain SOLEMNIUS,
avec le suffixe ACU.
- SAINT ARCONS DE BARGES (canton de Pradelles)En 1234,
Parochia Sancti Arconcii. Arcons était un évêque
de Viviers mort au IX siècle. Son culte est surtout
répandu dans la région, le nom est d'origine
grecque. Barges (cf précédemment) était
une dépendance de la paroisse.
- SAINT MARTIN DE FUGERES (canton du Monastier)Vers 1000,
Villa quae dicitur Falgerias. Du roman FALGERIA "lieu où
pousse la fougère". Les autres formes romanes sont
FAUGERIA, FELGEIRA. En 1268, Parochia Sancti Martini de Feugeriis.
Saint Martin évêque de Tours au V siècle
est un saint populaire. C'est le premier non martyr auquel
on consacre des autels
.- VIELPRAT (canton de Pradelles)En 1225, Vielprat.
Il s'agit d'un vieux pré, sans doute avec le sens de
défrichement
ancien par rapport à des terres nouvellement mises
en valeur.*Villa: dans la Gaule romaine, le sol du pays
est divisé en villas, grands domaines agricoles qui
ont parfois jusqu'à nos jours conservé le souvenir
du nom du propriétaire.
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